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Prieuré Saint-Georges de Vandoeuvre

Vandoeuvre-lès-Nancy (FR)

Abbaye de Cluny

Georges

fesc_logo Created with Sketch. Clunisien de 1100 jusqu'en 1790

Ouvert à la visite : oui

Un prieuré clunisien de Lorraine

À la fin du XIe siècle, Vandoeuvre (Vendovria) est un important domaine seigneurial tenu par Thierry de Saint-Hilaire, dont le territoire s’étend sur les pentes de Brabois et de Villers et qui comprend outre des terres et des bois, « une maison de pierre » et une église. Celle-ci, incorporée au domaine fait partie des biens propres de Thierry qui exerce sur elle un droit héréditaire remontant au fondateur.

Cette possession d’une église par un laïque, qui détourne le patrimoine ecclésiastique de sa destination, est alors jugée anti canonique aux yeux de l’Église et indigne d’un bon chrétien. Deux religieux clunisiens, dont le Prieur de Froville, font donc pression sur Thierry de Saint-Hilaire afin qu’il renonce à « son église ».

Ému par les exhortations de Guillaume, le prieur clunisien de Froville, Thierry de Saint-Hilaire charge l’évêque Pibon de remettre son église à Cluny. Cette remise s’effectue au cours d’une cérémonie à Toul, en présence du chapitre cathédrale, du prieur de Froville, et du moine Golbertus. Thierry abandonne alors un calice symbolique entre les mains de l’évêque Pibon, puis l’évêque délègue à l’abbaye-mère de Cluny, Guillaume et Golbertus, porteurs d’une lettre sollicitant de l’abbé Hugue, l’envoi immédiat de moines à Vandoeuvre.

Ces moines donnent, dès leur installation, les plus grands témoignages de piété ce qui incite Thierry et sa soeur Judith, et afin de leur assurer une vie décente, à céder aux moines divers biens dont « la maison de pierre », des terres et une vigne, à leur abandonner les droits d’usage sur les bois, les cours d’eau, et les droits de pâturage (donations effectuées au cours de la dernière décade du XI °siècle, ce qui situe la fondation du prieuré peu après 1091).

Ils finiront, avec le consentement de leurs enfants à renoncer au pouvoir banal.

Ainsi, en quelques années, la seigneurie de Vandoeuvre passera progressivement des mains de Thierry de Saint-Hilaire dans celles des moines clunisiens.

Par leur activité inlassable au service de l’Église et de la réforme religieuse, par leur union bienfaisante avec une famille seigneuriale, les moines clunisiens ont fait du prieuré de Vandoeuvre, un lieu de méditation et de prière et ont permis avec cette politique fructueuse, de donner au village de Vandoeuvre une vie nouvelle et active qui perdurera jusqu’au moment où le prieuré de Saint-Melaine sera réuni à la Collégiale Saint-Georges de Nancy en 1603.

Outre les documents de référence, dont la notice de la fin du XI°siècle, incluse dans le cartulaire B de l’abbaye de Cluny, qui retrace la fondation et les débuts du prieuré, et celui des archivistes- paléographes Pierre et Thérèse Gérard, des recherches complémentaires ont été menées. Elles permettent de montrer l’intérêt de ce prieuré clunisien dont il ne reste à présent que l’église prieurale Saint-Melaine reconstruite au XV°siècle, la façade du Prieuré attenant à l’église avec sa porte Renaissance, et sa bergerie ornée d’une tête de bélier.

Alain Cuillère, dans le document : « Le prieuré de Saint-Melaine de Vandoeuvre au XVIe siècle. Évocation poétique », cite également les vers latins de Louis des Masures, mis en possession du prieuré à titre commendataire en 1548, qui célèbrent les charmes de « sa petite terre de Saint-Melaine ».

Dans son essai de topographie historique « Châteaux et prieurés de Lorraine Xe-XIIIesiècles », Charles Kraemer, ingénieur à l’Université de Lorraine, mentionne que de nos jours, le parcellaire conserve encore l’emprise d’un vaste enclos circulaire de 185m de diamètre incluant dans son périmètre l’église, et autrefois le château, dont il ne reste rien mais dont la présence est attestée dès 1015 et dont on peut conjecturer qu’il s’agit de la « maison de pierre » de Thierry de Saint-Hilaire, ce qui faisait de ce site un prieuré-château.

Sur les cinq prieurés clunisiens de Lorraine, seuls trois sites ont subsisté en plus de Vandoeuvre : Froville au prieuré intact, les deux autres étant Thicourt et Relanges qui n’ont plus que l’église paroissiale.