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Eglise Saint-Pierre-ès-Liens de Joncreuil

Joncreuil (FR)

Prieuré Ste-Marguerite de Margerie

Pierre

fesc_logo Created with Sketch. Clunisien de 1112 jusqu'en 1788

Ouvert à la visite : oui

Pour préparer au mieux votre visite de l'église, contactez l'Association pour la sauvegarde du clocher de Joncreuil

Une cellule clunisienne rurale dans l'ombre de Margerie

Histoire

La première demeure de Joncreuil est certainement bâtie par les moines de la Chapelle aux Planches, venus de Margerie, vers l’an 900, défricher la forêt de Parnolles. Ils construisent une ferme monastère appelée du nom latin Sancta Petronilla, qui devient ensuite Sainte-Pétronille-en-la-Forêt, puis Pernolles et enfin Parnolles que nous connaissons aujourd’hui.

En 1080, Garin, comte de Rosnay, fait don de l'église Sainte-Marguerite de Margerie à l'abbaye de Cluny.

La première mention du site de Parnolles date de 1112, dans un document qui en confirme la propriété aux moines de Margerie. L'évêque de Troyes Haton, à la demande du prieur de Margerie, remet le site aux moines de la Chapelle aux Planches, sous la condition d'un cens de deux sous par an (charte non datée 1123-1145).

Puis par une autre charte de 1156, Henri le libéral, Comte de Troyes, renonce moyennant un cens à sa part de terrage sur les terres dépendant des granges de Sainte-Pétronille sise au territoire de Joncreuil. Ses vassaux Simon de Broyes (Sire de Beaufort-Montmorency) et Pierre de Valentigny, l'imitent en 1184.

En 1199, l’Abbé de Prémontré abandonne à celui de Cluny le site de Parnolles avec ses dépendances et son mobilier.

La possession de Parnolles est confirmée au prieuré de Margerie en 1279 ; un statut qui semble confirmé jusqu'en 1563.

En 1563 on relève dans les archives nationales le nom Espernolles qui équivaut à Es Pernolles (les Pernolles). Une charte de vente datée d'avant 1685 semble confirmer l'abandon du site par les religieux.

L'église Saint-Pierre-ès-Liens

Patrimoine

Si le monastère de Parnolles est aujourd'hui disparu, l'église romane de Joncreuil, dont les plus anciennes parties remontent au XIIe siècle, permet de se souvenir de ce passé clunisien. Elle est depuis 1988 inscrite au Monuments Historiques.

L’intérieur de l’église présente une unité architecturale intéressante, avec sa nef à transept unique et son chœur très lumineux.

Vue générale de l'intérieur de l'église

La nef romane à trois travées plafonnées sous charpente du XIIe siècle est flanquée de collatéraux marqués par des piliers carrés à chapiteaux sommaires constitués uniquement de filets.

Les arcades s’ouvrant sur les bas-côtés sont en plein cintre comme à Racines et à Herbisse.

Des traces de fenêtres hautes sont encore visibles dans la nef. Elles ont été occultées lors de la construction des bas-côtés également plafonnés au moment du percement de deux fenêtres, l’une au sud en 1743 et l’autre au nord en 1744.

Une même couverture, à faîtage axial, couvre la nef et les bas-côtés.

La façade occidentale de la nef est rétablie en 1765-66, la même année que le plafond de la nef, les murs gouttereaux et la sacristie qui était auparavant derrière le maître-autel. La nef est précédée d’un « halloy » en pan de bois couvert en tuiles canal. L'arc triomphal qui marque l’entrée dans le transept a été rehaussé au début du XIIIe siècle puisque deux chapiteaux, toujours visibles, devaient à l’origine le recevoir.

Les deux bras du transept sont moins élevés que la croisée et servent de chapelles pour des autels latéraux (saint Nicolas au nord et la sainte Vierge au sud).

Les sept baies qui éclairent le chœur et le transept ont été construites à différentes époques. Deux d’entre elles ont été percées après 1744. Certaines sont étroites et cintrées (baies latérales du chœur) ou plus larges (baie de la façade Sud, baie du chevet).

Le transept est couvert de tuiles plates comme la nef et le chœur.

Le transept et le chœur sont voûtés d’ogives du XVIe siècle bien que le transept s’appuie sur des piles du XIIIe siècle à chapiteaux à crochets superposés. Au XVIe siècle, les arcs doubleaux et les nervures ont été retaillées au niveau du chœur (très visible dans l’abside, les nervures ont conservé à leur naissance leur section d’origine).

L’édifice abrite de nombreux chapiteaux romans sculptés à feuilles, à volutes, torsades et palmettes que l’on rencontre à Voigny, Salon, Villacerf ou à Landreville. Les chapiteaux du chœur avec leur tailloir circulaire font penser à ceux de la partie orientale de la cathédrale de Troyes et à l’église de Margerie, édifiée vers 1220. L'église abrite d'intéressantes statues, classé aux Monuments historiques : Vierge à l'Enfant, saint Pierre, Christ en croix, sainte Barbe.

Statue de Saint-Pierre

Son originalité réside également dans son clocher, en forme de tour inachevée, recouverte d'un dôme en forme de bulbe qui aurait été reconstruit entre 1896 et 1897.

Le clocher de l'église