chapiteau de Moissac

Chapiteau à décor végétal couvrant

Ce chapiteau possède un décor couvrant de tiges végétales dont les enroulements enserrent des fleurons tournants. Sur les petites faces, les tiges dessinent une grille très régulière, appuyées sur les axes de symétrie qui articulent les plans successifs de la corbeille. Le réseau est plus lâche sur les grandes faces où une large échancrure triangulaire, seulement animée de bandes verticales, sépare les deux corbeilles pourtant confondues dans leur partie supérieure ; le vide laissé par les enroulements au centre de chacune des corbeilles est occupé par un petit motif en étoile.

Les fleurons tournants, à quatre lobes gras, se démarquent de l'ensemble du décor végétal du cloître où l'on trouve surtout des limbes creux. L'ensemble du décor est animé de petites stries très régulières. Le motif de la corbeille est repris sur le biseau du tailloir ; sur le bandeau supérieur court une frise qui imite une inscription en caractères kufiques. Il ne s'agit ici que d'une imitation, qui ne permet pas d'y lire un texte.

On ne peut non plus établir un lien stylistique direct entre les fleurons du chapiteau et les végétaux tels qu'ils apparaissent sur les coffrets d'ivoire d'al-Andalus des xe - xie siècles : les seuls rapprochements viennent de la technique de taille, en quasi-méplat, et l'animation des feuilles par de multiples et minuscules stries. Il n'y a donc pas de copie directe, mais un « parfum mauresque » : l'ensemble tailloir-chapiteau trouve sa source d'inspiration dans des motifs islamiques avec une telle évidence qu'il fait figure de citation. On est alors tenté d'y voir une allusion directe à la domination musulmane sur les lieux saints de la Palestine, au voisinage immédiat du chapiteau représentant les Croisés à Jérusalem

(source)
chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac