chapiteau de Moissac

Chapiteau dit "des oiseaux affrontés"

Huit oiseaux occupent toute la corbeille de ce chapiteau. Affrontés deux à deux, leur têtes accolées remplacent les traditionnelles volutes d’angles. Les pattes s’agriffent à l’astragale et les têtes sont animées de grands yeux en amande. La disposition purement décorative des ailes extérieures, retournées et plaquées sur les corps, et des queux, croisées, confèrent à ces oiseaux une posture peu naturelle, contrairement à ceux présentés précédemment (Aigles affrontés).

Les oiseaux affrontés sont un motif courant de la sculpture romane. L’élément particulier que constitue l’enroulement terminal des ailes se retrouve dans les oeuvres de l’atelier de le porte des Comtes à Saint-Sernin de Toulouse (vers 1080), dans le portail de Saint-Michel de Lescure, ou dans un tailloir du cloître de la Daurade à Toulouse (tous deux plus ou moins contemporain du cloître), et met en lumière les liens profonds qui pouvaient exister entre les sculpteurs.

Le tailloir est orné d’un bandeau à deux rangs d’écailles imbriquées et animées par de fines stries verticales, surmontant une série de médaillons doubles en tiges végétales peuplées de paires d’oiseaux affrontés. Le corps des oiseaux se retournent en arc de cercle, les têtes s’affrontant sur la petite feuille qu’ils becquettent, et dessinant ainsi une seconde trame imbriquée à celle des médaillons.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac