chapiteau de Moissac

Chapiteau du martyre de saint Saturnin

Ce chapiteau déroule sur sa corbeille le récit de la Passion, c’est-à-dire du martyre subi au nom de son choix chrétien, par Saturnin (dont le nom se transformera en « Sernin »). Il est considéré comme le fondateur de l’Eglise de Toulouse et son premier évêque. Les représentations sculptées suivent le texte de cette Passio, en ses deux versions connues, d’assez près.

Trois tableaux illustrent et commentent cette Passio :

Au Sud le juge, main élevée et doigt pointé, condamne Saturnin qui refuse de sacrifier aux dieux païens du temple ; ce dernier fait peut-être avec sa main ouverte vers l’extérieur le signe de la prière.

Au Nord et à l’Est se déroule le drame : Saturnin est attaché par les pieds au cou d’un taureau « qui s’élance du haut (du temple) du Capitole vers le bas. Dès les premières marches la tête se brise laissant échapper sa cervelle… ». Le sculpteur a su souligner la violence et la cruauté de la scène : la tête du malheureux chrétien, sous la patte arrière du taureau aiguillonné par un personnage inconnu, se fracasse le crâne sur la dernière des huit marches. En arrière une construction semblable à une tour figure le temple du Capitole auquel on accède par les marches fatidiques. Cette construction sert de séparation entre les scènes de jugement et celles du martyre proprement dit.

A l’Ouest, comme dans d’autres chapiteaux consacrés à des martyrs, l’âme de Saturnin, en gloire sous la forme d’un enfant asexué dans sa mandorle, est enlevée vers le Paradis par la main de Dieu.

La présence de Saturnin dans le cloître de Moissac s’explique sans doute par la proximité géographique, religieuse et politique, artistique (L’abbé clunisien Durand de Bredons fut aussi évêque de Toulouse) de la grande cité de Toulouse. Il était par ailleurs important d’inscrire la région toulousaine dans la vaste histoire de l’Eglise qui n’est, pour l’exégèse médiévale, qu’une réplique de la vie et la Passion du Christ alors que les épisodes de l’Ancien Testament en étaient la préfiguration (Caïn et Abel, David, etc.)

Le tailloir est une nouvelle version de frise à palmette à tige refendue.

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac