chapiteau de Moissac

Chapiteau à feuillages et masques

Le motif végétal qui recouvre toute la corbeille, tellement répandu dans le cloître, est celui de la palmette dont la tige fendue forme un médaillon autour d’elle. Sur ce chapiteau il ne s’agit plus de palmettes mais de palmes, aux dimensions bien plus importantes. L’invention consiste en ce que, au-delà de la tige, c’est la palme toute entière -pointe en l’air- qui s’ouvre en deux parties pour encadrer une nouvelle palme, plus petite et retombante. Ces emboîtements complexes et subtils, en assez haut relief et malgré quelques difficultés de symétrie, témoignent du sens du rythme, de la créativité des sculpteurs qui ont œuvré pour le cloître de 1100. Ils utilisaient certes des « recettes » déjà connues mais cherchaient souvent à se renouveler.

Les crochets d’angle, têtes d’animaux aux dents féroces, s’intègrent à l’entrelacement végétal tout en soulignant fortement l’architecture du chapiteau, dérivée du corinthien. Les dés médians ont pu, avec leur face animale si particulière cantonnée de « pendeloques », évoquer pour certains les masques du théâtre antique.

Le tailloir est une frise d’animaux faisant alterner griffons attaquant un oiseau (face Est et Ouest) et lions affrontés mordus par de semblables griffons.

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac