chapiteau de Moissac

Hommes et Dragons

Tout autour de la corbeille se répète le même motif : des personnages vêtus de long, assis, semblent être aux prises avec des animaux fantastiques. Ces éléments du bestiaire médiéval ont un long cou - leur tête a malheureusement été bûchée - et de grandes ailes, prétexte à réaliser des motifs décoratifs à la fois rigoureusement géométriques et dynamiques. Leurs serres puissantes agrippent le genou de chacun des personnages. À leur tour les quatre personnages enserrent le cou des quatre monstres menaçants comme pour s’en défendre.

Une figuration a pu inspirer le sculpteur moissagais de 1100 : le même thème est en effet présent, et traité d’une façon très proche de celle de Moissac, dans le décor de la Porte des Comtes de la basilique Saint-Sernin de Toulouse. Ce thème renvoie sans doute au combat « éternel » que le mal mène contre l’humanité pécheresse : les gueules (disparues) des bêtes avalaient en fait la tête de leurs victimes. Il faut sans doute évoquer ici cette mise en garde de la première Epître de Pierre (chapitre 5, verset 8) : « Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer ».

Il faut noter la très grande proximité de thème et de style entre les deux chapiteaux moissagais qui entourent directement le pilier où figure Durand de Bredon (pilier et chapiteau suivants de la même galerie). Or celui-ci fut abbé de Moissac et évêque de Toulouse.

Le tailloir quant à lui offre un motif végétal stylisé très particulier, présent, lui aussi, dans la sculpture de Saint-Sernin de Toulouse.

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac