chapiteau de Moissac

Têtes et Dragons

Le thème de la corbeille de ce chapiteau est très proche de celui du chapiteau qui précède immédiatement le pilier de Durand de Bredons : des dragons quasiment identiques enserrent de leurs pattes robustes de petites têtes humaines d’aspect juvénile. Les têtes des dragons ont ici été mieux conservées : on devine ainsi la gueule menaçante qu’ils avaient tous, avant le bûchage systématique, dont la date reste inconnue, des têtes du cloître.

Le style de la sculpture se caractérise par une composition répétitive, assez fruste, non exempte d’une certaine lourdeur. La série d’enroulements de crosses végétales sophistiquées du tailloir, fruit d’un travail fouillé qui ne se contente pas d’un traitement de surface, pourrait être l’œuvre d’un sculpteur différent de celui qui a réalisé la corbeille. On retrouve ailleurs dans le cloître moissagais ce type de décor de tailloir.

La nature des représentations (pécheur comme proie des forces maléfiques ?) rapproche ce chapiteau, comme celui des « hommes et dragons », de chapiteaux toulousains de l’église Saint-Sernin. Est-ce un hasard si ces deux œuvres semblant dériver assez précisément de modèles toulousains encadrent la figuration de l’évêque de Toulouse, Durand ?

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac