chapiteau de Moissac

Grandes palmes

La composition à décor uniquement végétal de la corbeille est simple mais élégante et originale : quatre grandes feuilles s’élancent depuis l’astragale (boudin de pierre formant la base du chapiteau, immédiatement au-dessus du fût de la colonne) et se déploient aux quatre angles. Entre elles surgissent, comme en retrait, d’autres feuilles plus petites mais de même aspect. Le relief paraît dés lors proposer deux plans différents, avec peu de moyens techniques pourtant. Toutes ces grandes palmes présentent une nervure centrale le long de laquelle s’échelonnent des groupes en éventail de folioles simples. Un grand dynamisme se dégage de cette corbeille qui « s’épanouit » au-dessus de sa colonnette.

Le tailloir aligne, sous deux rangs d’écailles imbriquées, des oiseaux affrontés ou adossés, enserrés dans une tige végétale aux méandres compliqués. Ces oiseaux au plumage délicatement traité sont certainement inspirés par ceux d’un tailloir de la galerie nord, celui des «oiseaux affrontés », qui sont le travail d’un grand artiste. Ce motif est à rapprocher également d’un décor présent sur la table d’autel romane de la basilique Saint-Sernin de Toulouse, datée de 1096.

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac