chapiteau de Moissac

Enroulements de palmettes

Autour de ce chapiteau double d’inspiration corinthienne s’enroule un seul rang de feuillages stylisés. Ce n’est qu’en surface que le ciseau du sculpteur a traité le bloc de pierre épannelé, aux angles saillants ; l’effet d’une « dentelle de pierre » y est savamment ménagé. Le réseau de crosses végétales évoquant de jeunes feuilles de fougère accompagne la forme élancée de la corbeille du chapiteau car ces crosses végétales, plus petites en bas, grandissent peu à peu en s’élevant jusqu’à l’abaque échancré.

Le tailloir porte sur son biseau une frise de fleurs épanouies faisant alterner deux modèles. Le bandeau porte un alphabet latin et un alphabet qui rapproche la première lettre et la dernière puis la deuxième et l’avant-dernière et ainsi de suite (A X, B V, C.T, etc.). Figure aussi sur le tailloir le début du psaume 54 : D(EU)S IN NOMINE TUO SALVUM ME FAC qui signifie : Dieu, en ton nom sauve-moi. Cette citation accompagne également le chapiteau de Lazare et du riche. « Les liturgistes du Moyen Age s’accordent à penser que l’alphabet signifie l’intelligence de l’Ecriture, de la lettre aussi bien que de l’esprit… » (Corpus des inscriptions de la France médiévale, cité par « Le cloître de Moissac » de Q. Cazes et M. Scellès).

C.F.

chapiteau de Moissac
chapiteau de Moissac