La sainte Jérusalem

chapiteau de Moissac

Tout autour de la corbeille de ce chapiteau courent les murailles, scandées de hautes tours aux angles, d’une cité fortifiée. Son identité est révélée par les lettres installées sur chaque merlon du crénelage : IHERUSALEM SANCTA (la sainte Jérusalem).

Sur les chemins de ronde de chaque face, surgissent, à mi-corps, des personnages difficiles à identifier. Certains sont armés : gardent-ils la cité de Dieu menacée ? Souvenons-nous que le chapiteau précédent évoque la guerre toujours renouvelée entre Satan et le Christ. Notons tout de même la présence du livre dans les mains d’un de ces personnages : la ville sainte n’est pas gardée que par des lances mais surtout par la parole de Dieu.

Tout près de cette Jérusalem représentée comme une place forte, une autre place forte occupe un chapiteau voisin, il s’agira de la « Grande Babylone ». Ce parallélisme, servant à renforcer leur fondamentale opposition, a déjà été utilisé : dans le décor enluminé de nombreux Beatus, copies de commentaires de l’Apocalypse et parfois du livre de Daniel très répandues dans le nord de l’Espagne, certainement connues du commanditaire du cloître de Moissac, l’abbé Ansquitil. Notons ici la proximité iconographique de nombreux chapiteaux de la galerie sud avec ces manuscrits produits dans le nord de l’Espagne. Il faut citer le chapiteau des Révélations de Jean, celui du Dragon dans l’Abîme, Jérusalem et Babylone mais aussi le songe de Nabuchodonosor et l’arbre aux oiseaux.

C.F.

chapiteau de Moissac
Face est
chapiteau de Moissac
Face sud
chapiteau de Moissac
Face ouest
chapiteau de Moissac
Face nord
chapiteau de Moissac