Oiseaux

chapiteau de Moissac

Huit gros oiseaux semblables occupent toute la hauteur de la corbeille. Affrontés deux à deux ils réunissent leur tête aux angles. Le bûchage de leur bec nous empêche de comprendre le lien avec les éléments de feuillage qui se trouvent au-dessous de celui-ci. Sans doute les oiseaux « vomissaient»-ils des palmettes. C’est un motif roman habituel. Les cous s’étirent pour tracer les hampes des volutes, volutes qui sont les têtes recourbées. L’aile droite des oiseaux vient former un rigoureux motif symétrique au-dessous du dé médian, qui s’oppose aux courbes souples des corps.

Il faut noter l’inscription : AV/ES (oiseaux). Ce mot quatre fois répété engage sans doute à ne pas voir dans le thème de ce chapiteau un simple motif décoratif. Nommer les animaux relève du dessein divin. Il nous semble par ailleurs que le lien qui unit chapiteaux zoomorphes, chapiteaux à feuillages et les chapiteaux historiés (présentant des scènes avec personnages) est explicité par un auteur carolingien : Jean Scot Erigène. Dans une homélie sur le Prologue de l’Evangile de Jean (Patrologie latine, 122, colonne 136) Erigène affirme que « la surface des Ecritures et les formes sensibles du monde sont les deux vêtements du Christ » ou encore que « les textes sacrés et les formes des créatures sont deux voiles qui tamisent pour nous la lumière trop éclatante de la Divinité. »

Sur le tailloir des lions « passant » réunissent deux corps pour une seule tête, aux angles du chapiteau également.

Ce chapiteau aux oiseaux est très proche d’un chapiteau de la galerie nord.

C.F.

chapiteau de Moissac
Face est
chapiteau de Moissac
Face sud
chapiteau de Moissac
Face ouest
chapiteau de Moissac
Face nord
chapiteau de Moissac